Top Menu

La procrastination c’est l’habitude de tout remettre au lendemain ou, pour être plus précis, le fait de remettre à plus tard ce que l’on considère devoir faire dès maintenant.

A la différence de la prudence ou de la patience qui peuvent, elles aussi, nous inciter à remettre à plus tard, la procrastination est souvent irrationnelle et nous fait agir contre nos propres intérêts.
Elle peut être une vraie malédiction pour notre carrière professionnelle ou dans notre vie personnelle.

Entre les projets inaboutis, les examens ratés, les pertes de temps inouïes ou encore le sentiment de culpabilité qu’elle occasionne, une chose est sûre : la procrastination nous empêche d’exprimer pleinement notre potentiel.

A la différence d’un fainéant, le procrastinateur a souvent des ambitions, un vrai désir d’accomplissement mais peut ressentir un sentiment d’impuissance devant l’ampleur du travail qui se présente devant lui.
Même si la procrastination est un processus naturel, intimement lié à la nature impulsive de l’Homme, la société moderne nous offre un environnement (Internet, smartphones, société de consommation en général) qui nous incite à nous y adonner beaucoup plus qu’on ne le devrait.

D’après les recherches de Pier Steels, auteur de The Procrastination Equation, le pourcentage de personnes concernées par ce problème a quadruplé depuis les années 70.
Vaincre la procrastination n’est pas toujours aisé, ses causes peuvent être plus ou moins profondes suivant les personnes ou le contexte.

Voici une liste, la plus exhaustive possible, des différentes causes de la procrastination et des solutions utiles à mettre en œuvre dans chaque cas :

Causes superficielles

On commence par les causes qu’on peut considérer comme superficielles :

Perfectionnisme de la procrastination

L’envie de tout vouloir faire à la perfection est un piège dans lequel beaucoup de gens tombent. Certains, de peur de ne pas être à la hauteur de cette perfection, finirons par ne rien faire du tout. D’autres, reporterons la tâche jusqu’à la dernière minute, la bâclerons et pourrons se rassurer par la suite en se disant que la perfection n’a pas été atteinte par manque de temps. L’égo est sauvé… Ouf !

Il faut accepter d’être humain et donc par essence imparfait, un travail bien fait mais avec sans doute quelques lacunes a toujours plus de valeur que de ne rien faire.

Une bonne technique pour sortir du perfectionnisme est de voir la tâche à accomplir comme un processus en plusieurs étapes. Commencez par une ébauche, un brouillon, pour le perfectionner par la suite.

Le manque de motivation

Je ne vous parle pas ici du manque de motivation occasionnel que tout le monde ressent de temps à autres, ce qu’on appelle couramment « avoir la flemme ». Mais de quelque chose de plus chronique.
Si vous n’êtes jamais motivé par certaines tâches c’est, principalement, car elles n’ont pas de sens pour vous. Pour maintenir la motivation dans le temps il est très important de savoir pourquoi on fait les choses, d’avoir un but derrière ce que l’on fait.

D’où l’importance de réfléchir à vos objectifs et de décider lesquels ont le plus d’importance pour vous. Quand ceci sera clair dans votre tête, la motivation ne sera plus un problème.
Une autre manière de se motiver est de se demander « Qu’est ce qui va se passer si je ne le fais pas ? » et « Qu’est-ce que je gagne à le faire? ». Ne pas hésiter à exagérer!

Prenons un exemple concret :
Vous avez du mal à vous motiver à aller à la salle de sport. Si vous utilisez l’astuce précédente pour vous motiver cela donnera :

« Si je n’y vais pas maintenant je n’irai jamais, ma santé va se dégrader, j’aurai de moins en moins d’énergie, je vais grossir et ma copine (ou mon copain) va me quitter »

Et les conséquences positives :

« Si j’y vais, je vais me sentir bien, j’aurai de plus en plus d’énergie, j’aurai les idées plus claires donc je serai plus heureux, je travaillerai mieux, je gagnerais plus d’argent, etc… ».

C’est l’art de prendre conscience de l’impact de vos actions et des processus qu’elles engendrent à long terme sur le reste de votre vie.

Le manque de discipline personnelle

Même pour les gens les plus motivés, certaines tâches représentent une corvée. La discipline personnelle peut être définie comme notre capacité à agir et mener à bout un effort quel que soit notre état d’esprit du moment. C’est elle qui prend le relais quand nous ne sommes pas dans notre assiette.

C’est une qualité qui a tendance à se perdre mais heureusement, comme toute qualité, elle se travaille.

On peut la comparer à un muscle qu’on voudrait entrainer. En commençant léger et en augmentant les challenges à mesure qu’elle se développe, vous progresserez à coup sûr même en partant de très bas.
Par contre, il sera beaucoup plus dur de progresser si vous vous attaquez à des challenges trop importants dès le début, qui pourraient vous amener à abandonner trop rapidement. De même, vous ne progresserez jamais en restant dans votre zone de confort, c’est-à-dire en faisant seulement ce que vous savez déjà faire.

Le manque d’énergie

Parfois on ne se met pas au travail car on se sent mou, sans énergie. Même s’il est évident que dans certains cas la meilleure solution est simplement de se reposer, il faut faire attention à l’effet d’inertie qui peut se créer en nous. L’inertie peut vite se transformer en immobilisme, rappelez-vous de la première loi de Newton (ou principe de l’inertie), un corps au repos aura tendance à rester au repos.

La meilleure solution est alors de sortir de cette inertie en faisant de l’exercice physique : un footing, quelques pompes ou simplement une balade (voir l’article sur l’éloge de la promenade) peuvent considérablement nous réveiller. L’important est de vous bouger physiquement ! Les effets seront d’autant plus marqués à long terme, qu’avoir une activité physique régulière augmente grandement nos réserves d’énergie.

Faites également attention à votre sommeil. 95% des gens ont besoin de 7h à 8h de sommeil par jour. Dormir plus peut paradoxalement vous faire vous sentir plus fatigué donc essayez de ne pas trop dépasser les 8h. Vous pouvez également ajouter une ou deux siestes de 20 min au cours de la journée pour récupérer votre énergie et votre capacité de concentration.

Un autre point très important pour améliorer votre énergie est la nutrition. Prendre 5 ou 6 petits repas dans la journée, au lieu de 3 gros repas, vous permettra d’éviter la grosse chute de forme que beaucoup d’entre nous ressentent après manger. Le corps dépense beaucoup d’énergie pour digérer. Concernant le choix de vos aliments, évitez tous les plats pré-préparés, mangez plus de légumes et de fruits, buvez beaucoup d’eau et essayez le thé vert.

Le manque d’organisation

On procrastine parfois car on ne sait pas par où commencer ou car on a l’impression d’être submergés par une liste interminable de choses à faire.

Sans être un maniaque de l’organisation, quelques astuces peuvent vous aider. Prendre l’habitude de faire des listes des tâches à accomplir dans la journée (la fameuse to-do list) est un bon commencement. Essayez aussi de décomposer vos objectifs en étapes claires, cela vous évitera de perdre trop de temps à vous demander quoi faire.

Une autre astuce qui m’a personnellement beaucoup aidé est d’utiliser un minuteur, prendre l’habitude de mesurer le temps que l’on passe à nos différentes activités permet de prendre conscience de manière précise de notre productivité et des changements à mettre en œuvre. On évalue souvent très mal cela naturellement. Un suivi chiffré joue également beaucoup sur la motivation car il permet de visualiser les progrès accomplis.

Difficulté trop élevée

Si une tâche semble trop compliquée pour vous, vous pouvez avoir comme reflexe de procrastiner pour éviter le sentiment d’échec. Trois options s’offrent à vous dans ce cas :
Dans le premier cas, vous prenez votre courage à deux mains et décidez de ne pas abandonner. Il faudra donc diviser la tâche en autant de sous-tâches nécessaires pour rendre l’objectif atteignable. Il peut arriver parfois que vous ayez besoin d’apprendre une nouvelle compétence pour accomplir votre travail, cela peut prendre beaucoup plus de temps que prévu. Si ce temps investi n’en vaut pas la chandelle, vous pouvez alors envisager les deux autres options.

Déléguer la tâche. J’ai moi-même tendance à m’intéresser à tout et à vouloir tout faire moi-même. Malheureusement vous n’aurez jamais le temps de tout apprendre, il vaut mieux parfois faire confiance à quelqu’un de qualifié qui vous fera gagner énormément de temps pour vous concentrer sur vos domaines de compétences. L’art de déléguer est essentiel pour accomplir de grands projets.

Supprimer et oublier. Il ne faut pas avoir peur parfois d’abandonner quelque chose qui n’en vaut pas la peine. Quand vous décidez consciemment d’éliminer une tâche, faites-le sans regrets, elle ne doit plus vous occuper l’esprit. Laissez-la partir et passez à autre chose. Toutes les tâches ne méritent pas d’être faites.

L’ennui

A l’inverse du point précédent, les choses peuvent vous sembler trop simples, ou juste sans intérêt, et s’y atteler être source d’un ennui profond.

Le travail devient alors une vraie corvée, surtout si celui-ci est d’une durée conséquente.

L’astuce est alors de trouver des challenges inédits aux tâches que vous avez déjà accomplies à maintes reprises. Vous pouvez vous fixer des défis de temps, trouvez des manières créatives de rendre la tâche amusante et ainsi entrer dans le flow (lire l’article sur Le Flow).

Causes plus profondes

On peut ajouter à tout cela des causes plus profondes, qui peuvent être parfois les éléments précurseurs des points précédents :

L’anxiété

Dans son livre The Now Habit, Niel Fiore redéfinit la procrastination de la manière suivante : « La procrastination est un mécanisme pour faire face à l’anxiété associée au commencement ou à l’achèvement d’une tâche ».
Plus on procrastine, plus on s’autocritique, on entre alors dans un cercle vicieux qui nous incite à procrastiner d’autant plus et qui nous fait perdre confiance en nous.

Cette anxiété est liée à plusieurs peurs : la peur de l’échec, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur du succès, la peur d’une augmentation des demandes (suite à la qualité du travail déjà accomplie).

Une des solutions proposée par Niel Fiore est de s’assurer suffisamment de temps pour les divertissements en les planifiant à l’avance. On se sent moins stressé à l’idée de travailler quand on est assuré à l’avance d’avoir du temps pour décompresser. Une part importante de l’anxiété viendrait de la peur que notre travail empiète sur notre temps libre.

Tout comme pour l’énergie, l’activité physique joue également un rôle très positif sur la gestion du stress.

Rapport au temps

Nous avons une tendance à surévaluer une récompense quand celle-ci est plus proche de nous dans le temps. Nous sommes accros à la gratification instantanée. Dit plus simplement, on se focalise plus facilement sur le court terme que sur le long terme.

Toutes nos distractions nous procurent quelque chose d’immédiat, alors que la satisfaction d’un travail accompli se fera sentir bien plus tard.

Impulsivité

L’être humain est impulsif par nature. Par impulsif, j’entends le fait de répondre avec urgence à toute émotion ou stimuli extérieur. Même si elle a été une qualité très utile pour notre survie par le passé, l’impulsivité est beaucoup moins adaptée au monde moderne, où l’on doit souvent être capable de rester assis à son bureau pendant plusieurs heures.
La société moderne met à notre disposition de plus en plus de tentations, un vrai cauchemar pour la concentration, d’autant plus que la qualité de celles-ci est croissante : Internet de plus en plus rapide, séries, réseaux sociaux, vidéos HD, etc…
Voici quelques astuces pour diminuer votre impulsivité et reprendre le contrôle de votre concentration :
Utilisez un minuteur et décidez de vous concentrer sur une seule tâche à la fois pendant un temps donné. Commencez par 20-30 minutes au début s’il le faut. Interdiction de regarder son téléphone, ses mails, son facebook ou même de penser à autre chose tant que le temps n’est pas totalement écoulé. Vous pouvez vous offrir une récompense à la fin de chaque session pour vous motiver.
Essayez de vous mettre à la méditation, c’est peut-être le meilleur exercice pour améliorer votre capacité de concentration et vous calmer l’esprit. Un fantasque outil qu’il est possible d’utiliser en complément pour des méditations plus profondes est le caisson d’isolation sensorielle.  La flottaison peut être vue comme un raccourcie puisqu’elle permet d’accéder de manière simple et très rapide à une relaxation très profonde.
Apprenez à apprécier le processus. Essayez de ne plus vous focaliser sur l’idée de finir au plus vite votre tâche car cela vous fait entrer dans un état d’esprit d’impatience. C’est seulement quand on abandonne l’idée du résultat à atteindre qu’on peut apprécier complètement le moment présent.
Et, bien sûr, essayez le plus possible d’éliminer les distractions de votre environnement.

Faire attention au langage que l’on utilise

Un dernier conseil : le langage a son importance, il formate notre expérience, deux mots parfois très proches peuvent provoquer un ressenti très différent.
On entend souvent les gens dire « Je dois faire ci… Il faut que je fasse ça… », comme si ils n’avaient aucun contrôle sur eux même, que tout leur était dicté de l’extérieur.
Essayez plutôt de prendre l’habitude de dire

« Je veux faire…. J’ai décidé de faire… »

Le sentiment d’autonomie qui s’y rattache a une très grande influence sur notre motivation intrinsèque, comme le démontre Daniel Pink dans son livre Drive.

Conclusion

Si vous voulez vraiment vaincre la procrastination, il vous faut abandonner l’idée qu’il existe une pilule magique qui règlera tous vos problèmes du jour au lendemain.
Certains des conseils présentés dans l’article peuvent paraître durs à implémenter, mais ils sont efficaces.
En faisant l’effort de les appliquer un peu plus chaque jour, vous deviendrez rapidement beaucoup plus productif. Mais attention ! Un peu de laisser-aller et la procrastination reviendra au galop ! C’est une bataille d’une vie, tout le monde doit la livrer et elle est très enrichissante.

Et vous? Quelles sont vos astuces contre la procrastination?

About The Author

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Close