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La procrastination est un vampire, une peste, une pourriture. Elle nous détruit, nous écrase, elle empêche toute réalisation importante, elle suce nos forces vives… Voilà en gros ce que pensent et ce à juste titre les procrastinateurs professionnels ou simples amateurs aguerris.
Si tout ceci est en parti vrai, on est pour le coup je trouve bien injuste avec cette pratique. Elle nous apporte en vérité bien plus qu’on ose le penser.
Je vais donc vous montrer en 9 points comment procrastiner de manière parfaitement utile. Oui, c’est possible !

1) Ranger et nettoyer son espace de travail

« Comment travailler dans un bordel pareil ? »

C’est ce que se dit tout bon procrastinateur assis devant son bureau. C’est donc l’occasion rêvée de tout ranger et nettoyer. Jeter les vielles feuilles, elles ne servent à rien, pareil avec les vieux crayons et stylos… On lave l’écran de l’ordinateur aussi, c’était vraiment nécessaire. Il faut comprendre que l’énergie du procrastinateur est phénoménale, toute tâche autre que celle qu’il cherche à procrastiner lui paraît sur le coup fort utile, il prendra soin de l’effectuer avec minutie. Prendre conscience de cette source d’énergie et la canaliser, belle mission. On peut ici pousser le vice jusqu’à faire le ménage dans son ordinateur, ranger les fichiers, supprimer ceux qui ne servent à rien… On est perfectionniste ou on ne l’est pas.

2) Ranger son appartement, faire la vaisselle

Je déteste faire le ménage et la vaisselle… Sauf si c’est dans le cadre de la procrastination, là d’un coup, ça devient un plaisir de fin gourmet, j’éponge chaque assiette avec soin, je range les livres de ma bibliothèque dans un ordre alphabétique, je guette et je nettoie le moindre coin de poussière, je prends tout mon temps, je n’ai jamais été aussi précis et efficace. Merci qui ?… La procrastination.

3) Entretenir son réseau social

Plusieurs dizaines de mails attendent désespérément une réponse. C’est l’heure de leurs répondre à tous… avec précision et chaleur. Je vais prendre le temps aussi d’écrire à toutes les personnes dont je souhaite avoir des nouvelles… Celles qui sont en voyage, celles que je n’ai pas vues depuis des mois. Je vais appeler ma mère… Je le fais si peu et ça lui fera tellement plaisir. Sans transition… Je vais brosser le chien aussi, il en a besoin.

4) Manger sainement, faire les courses

Il est contreproductif de travailler le ventre vide, tout procrastinateur qui se respecte vous le dira. Pas question de commander une pizza, manger sainement booste les capacités mentales et la force de travail. Moi, j’ai besoin d’être à 100 % de mes moyens physiques pour pouvoir travailler efficacement sur mon projet. Je vais donc aller faire les courses et puis, pendant que j’y suis, je vais les faire pour la semaine entière comme ça je n’aurai pas à revenir de sitôt et pourrai par conséquent me consacrer enfin pleinement au fameux projet.

5) Revoir le plan et l’organisation

Il y une chose fort utile à faire durant sa procrastination, c’est revoir son plan d’action. C’est dans ces moments qu’on a parfois des fulgurances organisationnelles, qu’on se rend compte qu’il y a des choses inutiles par ci ou qu’il y a moyen de faire cela de manière plus simple par là… On optimise tout. Le « vouloir éviter un travail » est mère de l’optimisation.

6) Lire la documentation

Une chose bien utile à faire durant sa procrastination, c’est lire et relire tous les documents annexes, les consignes… Occasion inespérée d’analyser en détails tout texte, article, mail, censé nous aider à accomplir notre tâche, vous savez, ceux qu’on ne lit jamais car on sait déjà. Réfléchir longuement à un problème avant de s’atteler à le résoudre est toujours bénéfique. Chaque document annexe nous apporte une nouvelle vision, une nouvelle grille de lecture… En accumuler un maximum ajoute des couches de finesse à notre raisonnement. Et puis, c’est étonnant, voire magique, comment des documents lourds, techniques, deviennent d’un coup terriblement intéressants lorsqu’on procrastine.
Ne dit-on pas qu’un problème bien compris et formulé est à moitié résolu ? C’est ce qu’on dit.

7) Faire du sport

« Un esprit sain dans un corps sain » écrivait le poète latin Juvénal. Un surplus ou un déficit d’énergie empêche le procrastinateur de se concentrer, il en a conscience, il en souffre. Par conséquent, la procrastination peut être un magnifique moteur pour faire du sport, mouiller le maillot, sortir dehors, prendre l’air, courir… Suer ne peut être que salutaire, oxygéner son cerveau permet de remettre ses idées en place. La fatigue physique permet d’accéder à la fraicheur mentale.

8) Méditer sur son existence

Procrastiner peut être une formidable occasion de prendre un peu de recul sur son existence. Sur le projet en question :

Pourquoi je fais ça ? Quel est mon but ? Quels en seront les bénéfices ? Et plus généralement, quelles sont mes objectifs dans la vie ? Suis-je heureux ? Suis-je sur la bonne voie ?…

Nos vis modernes surmenées, surbookées, n’offrent que peu de moments propices à la remise en question, au recul. Il faut saisir ces moments précieux, en essorer toutes les richesses. C’est dans ces instants qu’il est possible de faire un vrai saut qualitatif au niveau de notre vision du monde et de nos objectifs. Les révélations… ça existe.

9) Lire un bon livre

Nous sommes tous en possession de dizaines de chefs d’œuvres. Des Baudelaire, des Shakespeare… Ils sont là, ils trainent, ils nous attendent patiemment, parfois depuis des années. Dans un puissant moment de procrastination, il est facile de s’y plonger. Ils deviennent pour le coup un refuge insoupçonné, on se laisse emporter avec plaisir. Là encore, il faut profiter de ces moments charniers pour se construire une vraie culture, passer un cap. Cela permet aussi de relativiser un peu la difficulté de la chose que l’on procrastine. A côté des œuvres des génies de l’humanité, notre travail, c’est du pipi de chat, il faut en prendre conscience, rester humble.

Vous l’avez maintenant compris, la procrastination peut être bénéfique à bien des égards. Il faut lui rendre justice et apprendre à apprécier les moments de grâce qu’elle nous offre.
La volonté d’échapper à une tâche est parfois si puissante qu’elle nous donne un pouvoir de concentration inespéré, exploitable dans des tas de domaines annexes. Contrôler, exploiter cette énergie, c’est ça procrastiner efficacement.

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