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Les échecs surnommé aussi roi des jeux est le sport cérébral par excellence, il tient une place à part, mythique même dans l’histoire des hommes. La défense Loujine de Nabokov, le joueur d’échecs de Sweig, la tour prend garde d’Arrabal… Aucun autre jeu n’a été autant mis en valeur par la fiction et les arts. Mais est-ce vraiment qu’un jeu ? J’aime bien la réponse de Bonaparte :

«  Les échecs, c’est trop difficile pour n’être qu’un jeu et pas assez sérieux pour être un art ou une science . »

Pourtant de nombreuses personnes ont donné leur vie à l’étude de ce jeu. Pour le maitriser ,certains n’ont pas hésité à aller jusqu’au précipice de la folie, d’autres y se sont même laissés tomber. Il suffit de lire les biographies de Paul Morphy ou de Bobby Fisher pour s’en rendre compte, ce jeu peut rendre fou ou attire les fous, question de perspective. Les échecs, c’est 64 cases, 32 pièces et des milliards de combinaisons. Assez pour occuper, obséder même l’esprit du plus robuste des hommes.   Aujourd’hui, grâce aux nouvelles techniques d’imagerie médicale, il est possible d’observer le cerveau en action, on peut donc voir l’impact précis de la pratique des échecs sur le cerveau d’un individu. Et on en arrive à la conclusion que celle ci permet de développer les compétences de notre système cognitif. Pour cela on peut notamment s’appuyer sur les travaux de De Groot, de Chase ou de Simon.   On comprend alors que les échecs exploitent un large spectre de nos capacités mentales. Ils requièrent de l’intelligence créatrice, des capacités d’exploration spatiale, de raisonnement logique et de mémorisation. Ils permettent aussi de développer la coordination entre les deux hémisphères du cerveau. Ainsi une étude allemande a montré que les maitres d’échecs utilisent leurs deux hémisphères pour la résolution de problèmes d’échecs alors que les novices privilégient eux l’hémisphère gauche , celui du langage, du calcul mental… Le cerveau droit étant lui responsable de la créativité, il n’est pas étonnant de constater qu’une pratique régulière des échecs développe notre créativité. Dans le cadre d’une étude, on a demandé à des lycéens d’incorporer une activité supplémentaire à leur cursus. Il avaient un choix à faire entre toute une série d’activités parmi lesquelles se trouvait les échecs. 32 semaines plus tard, des tests ont révélé que le groupe ayant choisi les échecs étaient celui dont la créativité avait fait le bond en avant le plus impressionnant. De même, au Venezuela, une expérience similaire réalisé sur 4000 étudiants a mis en évidence une augmentation des résultats aux tests de QI. Magique ? Pas vraiment, le cerveau est comme un muscle, certaines activités l’aiguisent, d’autres le plombent. Donc la question que j’ai envi de vous poser est la suivante. Que faites vous au quotidien pour muscler votre esprit ? Moi je joue aux échecs.   Nombreuses sont aujourd’hui les personnes à pratiquer un sport, à aller régulièrement dans une salle de musculation… c’est bien mais pourquoi ne pas en faire de même avec notre esprit ? Cette idée qui pouvait autrefois paraître saugrenue est pourtant petit à petit entrain d’entrer dans les meurs. On peut le voir avec certains jeux comme le programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima sur la console portable de Nintendo qui a eu un succès monstre. Vous l’avez maintenant compris, les jeux sont un merveilleux moyen d’affiner les performances de notre cerveau. Et dans les jeux, je prends aussi en compte évidemment les mots croisés, les sudokus… Y jouer chez soi ou dans le métro n’est pas une perte de temps, c’est une séance de gymnastique cérébrale. Booster son esprit est évidemment un effet de levier considérable pour l’ensemble de nos activités. J’ai beau réfléchir… je n’en vois pas de plus important.   Le penseur allemand Leibniz résume bien cette idée:

«Les échecs sont utiles à l’exercice de la faculté de penser et à celle de l’imagination. Car nous devons posséder une méthode élaborée pour atteindre des buts partout où nous devons conduire notre raison

 

Comment bien jouer aux échecs ?

Il n’est ici évidemment pas question de vous apprendre à jouer aux échecs. Le but est plutôt de vous aider à tirer un maximum du jeu d’échecs pour développer votre cerveau. [lists style= »1″ title= » » tag= »h2″]

[lists_item]1Privilégier toujours les parties longues aux parties courtes.

Sur internet et dans les parcs (là où se réunissent les vieux), on joue majoritairement au blitz, des parties courtes où chaque joueur a moins de 5 minutes. A moins d’avoir le cerveau de l’Ogre de Bakou, le blitz ne laisse que trop peu de place à la réflexion profonde, à la mise en place de stratégies, à la créativité… Il privilégie avant tout les automatismes. Pour développer votre esprit, il faut le pousser à se dépasser et ça il ne pourra le faire que lors d’une partie longue. Minimum 15 minutes par joueur. L’idéal serait même de jouer des parties très longues, au format officiel, 90 minutes +30 sec/coup… C’est pas toujours évident de trouver le temps et les joueurs pour les mettre en place. A titre personnel je joue en général sous le format 15 minutes + 10 sec/ coup. C’est un bon compromis. [/lists_item]

 

[lists_item]2 Etudier le sujet.

Jouer pour jouer n’aura qu’un simple intérêt ludique. L’objectif est de progresser. Ca tombe bien, les échecs sont une discipline où il est très simple de suivre sa progression. Cela se fait grâce au classement Elo  qui est un système d’évaluation du niveau de capacités relatif d’un joueur, la quasi totalité des sites de jeu online l’utilisent. Pour progresser, il vous faudra en plus de jouer fréquemment, lire de la théorie. Et pour le coup, vous avez vraiment le choix. De nombreux livres, des revues, des sites, des chaines youtube… vous avez vraiment tout à disposition. Prenez le temps surtout d’analyser les parties des grands maitres, il n’y a rien de plus instructif que d’observer les meilleurs joueurs à l’oeuvre. Pour ça, vous pouvez aller sur chessgames qui est une base de données regroupant la quasi totalité des plus grandes parties de l’histoire, du turc mécanique face à Napoléon aux dernières parties de Magnus Carlsen, en passant par les légendaires parties de Bobby Fisher… C’est une vraie mine d’or. La consulter, c’est voyager dans le temps et dans l’esprit des hommes. [/lists_item]

 

[lists_item]3Toujours réfléchir.

Ce dernier conseil va en faire sourire plus d’un. Le plus grand danger selon moins lorsqu’on joue souvent au échecs est d’être prisonnier de ses automatismes. En gros, faire toujours la même chose. Pourtant pour progresser dans un domaine, il est nécessaire sans cesse de sortir de sa zone confort. Chercher l’inédit, l’inconnu. Tester de nouvelles choses. C’est vrai pour tous les apprentissages. Donc pour chaque coup, même les plus simples, posez vous toujours les questions suivantes. Quel est mon objectif ? Quelle est ma stratégie à long terme ? Que veut faire mon adversaire ? Quelles sont les points faibles dans la structure de mes pièces et dans celle de mon adversaire ? … Ne vous laissez pas bercer par la facilité. Employez sans cesse votre cerveau. Après une bonne partie d’échecs, on a normalement le cerveau qui chauffe,c’est le but. Un peu comme après une bonne séance de musculation, on doit se sentir entamé, au bord de la rupture… vivant. [/lists_item][/lists]

A vous de jouer maintenant !

 

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