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Nous vivons une bien étrange époque. Jamais l’homme n’a autant été protégé physiquement. Tout est fait pour garantir sa sécurité, son confort. Plus de bêtes sauvages dans nos forêts, plus de brigands sur les grands chemins, des transports surs…

Pourtant à coté de ça, notre société est d’une violence psychique monstrueuse. Beaucoup vivent dans une peur constante, une peur soigneusement entretenue par les médias. Le chômage, la solitude … le terrorisme. Le journal télévisé est le plus noir des films d’horreur. Se laisser entrainer dans ce courant d’ actualités, c’est accepter de vivre dans un stress permanent. C’est sans fin, il n’ y a pas d’échappatoire.

Surprenante dichotomie. Sécurité physique, inconfort mental. Cependant, en y réfléchissant bien, c’est assez cohérent. Sécuriser un homme physiquement, c’est l’affaiblir mentalement.

« Un esprit sain dans un corps robuste » disaient les grecs. Les deux sont liés. Renforcer son corps, c’est renforcer son esprit.

Dans une société dominée par les métiers du tertiaire, l’homme contemporain est très loin du spartiate, il est pour lui capital d’entretenir son corps sous peine de le perdre, devenir une loque. Pour beaucoup, il est déjà trop tard.

J’en vois déjà certains se dire:

« Ouf, avec mon abonnement gymclub , me voilà sauvé». A ceux-là, je dirais. « Faux ! Rien à voir»

La musculation est au sport ce qu’est le silicone à la sensualité, un cache misère. Alors certes, c’est mieux que rien mais on est très loin du compte. L’esthétique est une chose, la fonctionnalité en est une autre. Un corps se doit avant tout d’être fonctionnel. C’est à dire, puissant, explosif et endurant.

Que faire alors ?

Nombreuses sont les disciplines utiles, cependant dans le cadre d’un renforcement mental, il n’ y a rien de mieux que les sports de combat. Difficile de faire plus fonctionnel puisque le combat fait parti inhérente de notre histoire, de notre vie. Il y a dans le combat entre deux individus quelque chose de concret. Avec l’acte d’amour, je ne vois d’ailleurs rien de plus direct comme relation. Un corps face à un autre corps, aucun intermédiaire. Aucune balle pour servir de médiateur, pour contenir notre violence, non, le contact est franc et assumé.

Le combat, c’est une petite guerre. Faisant parti d’une génération n’ayant pas connu les mobilisations, pas même le service militaire, la violence physique a longtemps été pour moi une fiction, un élément de décor. Comme le dit si bien Céline dans le Voyage : « On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté ».

Sans aller évidemment jusqu’à regretter ces champs de batailles qui bousillent les hommes, il est vital de s’endurcir et d’appréhender la violence physique.

Le combat a de plus une dimension héroïque, il inclut une prise de risque, la notion de danger, la souffrance. Des choses, desquelles on cherche à nous éloigner et qui pourtant sont essentielles à notre construction. L’acceptation de la souffrance joue un rôle déterminant dans le renforcement mental. Prendre des coups, c’est accepter le réel. Prendre conscience des lois de la nature. Toutes celles dont on croit à tord pouvoir s’affranchir. C’est devenir humble face à la physique. Un homme de 1m95 et de 110 kg a beaucoup plus de force qu’un homme de 1m70 et de 60 kg. Dans ce monde où l’égalité sert de slogan à presque tout, se prendre une claque de réel fait du bien.

Deux individus qui s’affrontent, c’est un égo qui en comprime un autre. Celui qui domine doit s’efforcer à ne pas relâcher sa pression et celui qui est dominé à ne pas s’effondrer. Dans les deux cas, on a affaire à un défi.

Je tiens ici à faire une distinction importante entre les sports de combats et les arts martiaux. En théorie, les arts martiaux sont destinés à la défense et à la guerre. Ils ne sont pas régis par des règles strictes, l’objectif y est uniquement de vaincre. Les sports de combats, eux, répondent à des règles très strictes visant à protéger l’intégrité physique des combattants.  La réalité est évidement plus complexe et il est parfois difficile de définir une discipline comme faisant partie plus d’une catégorie que de l’autre.

Donc là, instinctivement, vous devez vous dire. Les arts martiaux sont donc des disciplines plus exigeantes et plus formatrices. 

« Faux !»

L’endurcissement se fait dans l’affrontement. Les arts martiaux qui ne permettent pas un affrontement régulier pleine puissance ont pour notre corps, notre esprit une utilité similaire à la danse. C’est certes non négligeable mais loin de ce qu’on cherche à atteindre.

 

La construction physique et mentale se fait par la répétition. Affronter régulièrement des adversaires, prendre des coups, vaincre ou être vaincu, voilà ce qui nous forme. Des adversaires qu’on retrouve régulièrement, cela devient un rituel. On s’inscrit alors dans une progression.

Donc au delà même de la compétition, les disciplines où le sparring n’est pas mis en avant sont à fuir inexorablement car elles nous éloignent du réel. Il n’y a rien de plus grave.

Mon expérience m’a amené à pratiquer de nombreuses disciplines. Je suis parti du jujitsu, discipline de self defence, assez ennuyante et sans intérêt dans la manière dont elle est enseignée en France. En grand fan de jackie chan, j’ai enchainé par le wushu, des chorégraphies interminables, j’avais l’impression d’être sous les ordres de Kamel Ouali. J’ai alors découvert le jiujitsu brésilien, ce fut une révélation. Pour la première fois , j’étais dans le concret, tout ce qu’on apprenait, on pouvait le tester directement durant les combats. Des affrontements qu’on enchainait jusqu’à la rupture. Il m’est arrivé plus d’une fois, à la fin du cours, de rester prostré en étoile sur le sol, plus une goute d’énergie en moi, pas même de quoi de rejoindre le vestiaire. Quel plaisir de pouvoir se donner à fond, de libérer toutes ses forces face à des adversaires robustes. Sans application, l’apprentissage n’a aucun intérêt. C’est vrai dans tout.

Et enfin l’étape final fut le free fight, la synthèse de tout ce qui fait de mieux. Un aboutissement logique pour tout amateur de combat sur le chemin de l’efficacité. La discipline idéale pour repousser ses limites. Pendant quelques heures par semaine, on se sent gladiateur.

 

La pratique régulière d’un sport de combat apporte énormément au quotidien. Notamment dans notre rapport aux autres, on est moins tendu, on se sent en confiance. Notre monde a beau être aseptisé, le rapport physique, animal existe toujours. Dans un débat par exemple, être plus fort que son adversaire est un plus, c’est quelque-chose d’imperceptible, très peu l’admettront mais c’est un fait. A l’agression oral, il y a l’éventualité d’une réponse physique. C’est heureusement quelque-chose qui ne se fait presque jamais mais ça reste cependant dans un coin de notre tête, on ne l’oublie jamais, ça pèse sur le débat.

 

Vous l’aurez compris, dans cet article, je m’adresse aux hommes, à ceux du moins qui souhaitent tendre vers une certaine virilité. C’est pas évident, peu de choses dans notre environnement nous y incite, il faudra se faire violence.

 

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