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Dieu que ce monde est lourd et oppressant. On est un peu comme ces bœufs qu’on transporte en camions, c’est inconfortable mais on s’y fait. Je me demande parfois comment un homme de Cro-Magnon aurait réagi à un tel traitement, il se serait révolté, c’est sûr, c’est pas humain de rester enfermé comme ça dans une petite boîte durant des heures, on respire mal, le ventre soufre, cherche sa place. Les voitures, trains, ascenseurs, bureaux, appartements, c’est rien que des petites boîtes quand on y pense, toujours plus étroites, toujours plus sombres, l’animal en nous le sent, la ville est une taule, il en soufre.

Mais que faire du coup ?

La réponse est simple, suivre son instinct, sortir à l’air libre et marcher.

La promenade joue un rôle essentiel à la mise en place d’un équilibre psychique et physique chez l’individu. Ce n’est pas pour rien que la récréation est pratiquée dans toutes les écoles du monde. C’est un moment de détente qui permet aux élèves de se délasser. Posez-vous maintenant la question. Qu’est-ce qui, dans nos vies d’adultes, a remplacé la récréation ? On me répondra sûrement que c’est la pause-café-cigarette, devant un journal ou avec des amis.

Mais est-ce vraiment la même chose ?

Je ne le pense pas. Sortir dehors et marcher, c’est quand même autre chose que de rester avachi devant une machine expresso, ça n’a pas la même envergure.
La promenade a des vertus miraculeuse et nombreux sont les hommes à l’avoir souligné. En faisant des recherches sur les rituels quotidiens de nombreux grands personnages comme Newton, Kafka ou Kant, je me suis aperçu qu’ils avaient tous une relation presque religieuse à la promenade.

Kant, qui avait une vie réglée comme une horloge, faisait sa promenade quotidienne toujours à la même heure, à 3 heures et demi avec un parcours lui aussi toujours identique. On raconte qu’il n’a dérogé que deux fois à cette règle stricte, la première fois, en 1762 pour se procurer le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, la seconde en 1789, afin d’acheter le journal après l’annonce de la révolution française.
Dans son livre posthume « Les Rêveries du promeneur solitaire », Jean-Jacques Rousseau justement a écrit :

 « Ces heures de solitude et de méditation sont les seules de la journée où je sois pleinement moi et à moi sans diversion, sans obstacle, et où je puisse véritablement dire être ce que la nature a voulu. »

Voilà le mot est lâché et, c’est pas moi, mais Jean-Jacques qui l’a dit ! Méditation. La promenade est une méditation. Donc au-delà de l’aspect physique, c’est une pratique mentale, voir spirituelle. Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans un monde moderne dominé par les divertissements, l’information et, plus généralement, le bruit, les moments de recueillement où on est seul face à soi-même, disparaissent, s’évaporent comme l’eau des marais salants. Pourtant, ces moments sont essentiels, ils permettent dans un premier temps de court-circuiter notre réalité immédiate, celle qui nous obsède, sortir de la posture du « nez dans le guidon » et prendre ce recul dont on manque tant.

C’est dans ces moments rares de lucidité qu’il est possible d’effectuer un changement de perspective, découvrir une nouvelle solution, dépasser une problématique. Etre debout et en mouvement favorise ce travail. Le philosophe allemand Nietzsche va même beaucoup plus loin puisqu’il affirme qu’il faut toujours se méfier des idées qu’on a eu ou des décisions prises assis. Selon lui, il est impossible d’accéder à une pensé supérieur dans cette posture.
Pour toutes ces raisons, j’invite ceux qui ne l’ont pas encore fait à instaurer un rituel de promenade quotidienne.

Cela peut être 15 minutes, 1 heure ou plus encore si vous en avez le désir et la possibilité. Pour le lieu, là encore il n’y a pas de règle, cela peut être en pleine nature, un de ces lieux féériques qui permettent d’accéder à la contemplation instantanée, mais vous pouvez aussi le faire en pleine ville, flâner sur les trottoirs…

L’important se situe dans l’acte d’aller dehors et de marcher. La lenteur de la marche, sa régularité, permet d’allonger le temps et d’accéder plus facilement au moment présent, celui qui nous apporte une gratification immédiate. En marchant, tout redevient possible, on redécouvre le sens de l’horizon. C’est un des soucis de nos vies contemporaines, les choses sont plates, tout est au même niveau. La promenade permet de s’en libérer.

Maintenant, d’un point de vue purement concret, alimentaire, une pratique quotidienne de la promenade, tout comme de la méditation, apporte une diminution du stress et un développement des capacités de concentration. Ce qui va évidemment augmenter votre efficacité au travail. Un des nombreux bienfaits de cette pratique ancestrale.

[notice type= »bonus » title= »Bonus  » tag= »h2″]
Pour les plus récalcitrants, toujours pas convaincus,il y en a, voici une petite étude scientifique qui montre l’apport de la marche sur notre condition physique.
Une équipe internationale de 14 chercheurs a suivi 3 127 adultes en bonne santé (2 151 femmes et 976 hommes), âgés de 19 à 94 ans. L’étude a montré que le nombre de pas recommandés par jour pour ceux qui veulent contrôler leur poids est de 12 000 pour les femmes âgées de 18 à 40 ans, 11 000 pour les femmes entre 40 et 50 ans, 10 000 de 50 à 60 ans, et 8 000 à partir de 60 ans. Les hommes de 18 à 50 ans devraient faire 12 000 pas par jour, et 11 000 pas à partir de 50 ans soit 8 à 10 kilomètres par jour pour garder un poids idéal.[/notice]

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