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Un vieux souvenir a récemment émergé, celui de mon grand-père, un homme singulier. Il retenait les numéros de téléphones et les numéros d’immatriculations de tout le monde (à la Rain man).

Il pouvait les réciter comme ça à l’envi.

Ensemble, on allait souvent au parc, là où se réunissaient tous les vieux. Ca jouait aux échecs et ça parlait de football, essentiellement. Très souvent les discussions s’envenimaient et flambaient en débats interminables sur une date, un score ou le nom d’un buteur. Ca pouvait durer des heures jusqu’à épuisement et puis comme il n’y avait aucune manière simple de vérifier, en général personne ne s’avouait vaincu. Mon grand-père était évidemment champion à ce jeu là.

Aujourd’hui à l’heure des smartphones et de wikipédia, pensez vous qu’une telle scène soit envisageable ? Je ne pense pas ou de moins en moins en tout cas.

Avec le développement massif d’internet et de ses moteurs de recherche, la gestion de notre mémoire a évolué. En gros, on constate que nous avons tendance à oublier les choses qu’on sait pouvoir retrouver facilement sur le net. C’est le fameux « Google Effect » !

On peut ici réellement parler d’externalisation de la mémoire. Les utilisateurs utilisent le net comme une forme de mémoire externe. C’est une fusion entre l’homme et la machine, moins évidente que chez le cyborg mais tout aussi réelle quant on y réfléchit bien.

Un comportement de plus en plus commun , facilement observable est celui de ces personnes qui court-circuitent une discussion ou un débat par une recherche sur le net. Ces nouveaux comportements modifient en profondeur nos relations sociales puisque autrefois lorsqu’on avait besoin d’une information, on demandait conseil en général à un ami compétent, c’était le fonctionnement naturel. Aujourd’hui, un homme sans réseau social pourrait donc être en théorie tout aussi bien informé qu’un homme d’influence.

La professeur Betsy Sparrow nous explique tout simplement que la mémoire humaine s’adapte aux nouvelles technologies. Dans un monde interconnecté, nous vivons en symbiose avec les ordinateurs.

Est ce un mal ? Pas forcément, c’est surtout une démonstration supplémentaire de l’incroyable plasticité du cerveau humain qui cherche à allouer ses ressources de la manière la plus efficace possible. Il ne cherche plus à retenir une information particulière mais plutôt le chemin pour la retrouver, ce qui est en général demande moins de ressources.

Roddy Roediger, chercheur en psychologie à l’université de Washington résume tout cela par une question simple : « Pourquoi mémoriser quelque chose si on sait qu’on peut le retrouver facilement ? » Google nous permet en quelque sorte de décharger notre mémoire.

Une étude appelé« Effets de Google sur la mémoire: conséquences d’avoir l’information au bout des doigts » » et mené aux Etats Unis (dans des universités auprès d’étudiants) a donné des résultats sans surprise. Si des étudiants savent qu’une information va être enregistré, ils vont faire beaucoup moins d’effort pour la retenir. C’est mécanique.

Des questions se posent inévitablement sur notre futur. Qu’est ce que pourrait donner une société où un tel phénomène ne ferait que s’accroître ? Star trek ou Idiocracy ? Peut être même Terminator. On verra.

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