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Que ça soit au travers du cinéma, de la littérature ou dans notre vie quotidienne, nous avons tous en tête cette image de l’homme investi corps et âme dans son travail. Souvent un écrivain, un scientifique ou un musicien au bord de la folie, au point d’en perdre toute notion du temps, de ne plus sortir, de ne plus se laver, de ne plus manger… celui qui ne fait littéralement plus qu’un avec son œuvre.

Peut-être, avez-vous même déjà expérimenté cet état. Eh bien, sachez qu’il a un nom et qu’il a été étudié en détails par plusieurs chercheurs. C’est le flow (littéralement : le flux, en anglais). Nous pourrions le traduire en français par le terme d’expérience optimale.

Qu’est ce que le Flow ?

Le flow est un état mental où le sujet est pleinement immergé dans une activité, il est dans un état de concentration maximale qui s’accompagne d’un sentiment d’accomplissement et de bien-être. Vous l’aurez compris, le rêve ultime de tout procrastinateur.
Ce concept a été élaboré et défini pour la première fois par le chercheur d’origine hongroise Mihály Csíkszentmihályi qui a passé sa vie entière à faire des études sur des sujets liés au bonheur et à la créativité.
J’imagine qu’il doit y avoir plus déprimant comme travaux.

[lists style= »1″ title= »Csíkszentmihályi a identifié 4 facteurs propices à nous faire entrer dans le flow » tag= »h2″]
[lists_item]1- Les objectifs sont clairs. Le sujet sait parfaitement ce qu’il a à faire et comment il va le faire.[/lists_item]
[lists_item]2- La mise en place de feedbacks directs et immédiats. Le sujet repère ainsi les difficultés et ajuste son comportement au fur et à mesure de l’activité.[/lists_item]
[lists_item]3- Les compétences du sujet sont proportionnelles à la difficulté de la tâche. Cette dernière est perçue comme un défi motivant car ni trop difficile, ni trop facile.[/lists_item]
[lists_item]4- La tâche en elle-même est perçue comme une source de satisfaction. Le sujet prend plaisir au processus.[/lists_item][/lists]

Les deux premiers sont clairement les plus importants.

[lists style= »1″ title= »Ensuite, Csíkszentmihályi a identifié aussi 4 états qui décrivent l’état de conscience modifié qu’engendre le flow : » tag= »h2″]
[lists_item]1- Hyperfocus. L’acteur est dans un état de très haute concentration ciblée sur un champ limité.[/lists_item]
[lists_item]2- Distorsion de la perception du temps. Le sujet n’a plus conscience du temps qui passe.[/lists_item]
[lists_item]3- Le sujet et l’objet ne font plus qu’un. L’acteur perd la conscience de lui.[/lists_item]
[lists_item]4- Sentiment de maitrise, de plein contrôle de soi et de son environnement[/lists_item][/lists]
Cet état mental propice au travail a déjà été décrit et théorisé sous d’autres formes dans de nombreuses cultures. Nous pouvons notamment citer le concept taoïste wu-wei ou « non-agir » qui suggère de ne pas s’impliquer au -delà de l’action spontanée, à rapprocher aussi du concept de « moment présent » popularisé par Eckart Tolle. Ces concepts sont clairement des composantes du flow même s’ils ne le couvrent pas totalement.

Pour comprendre le mécanisme qui se cache derrière le flow, il faut savoir que, comme nous l’avons vu dans l’article sur le multitasking, l’individu moderne est soumis à chaque instant à une multitude d’informations qui l’empêchent de se concentrer.
D’après une étude de Csíkszentmihályi de 1956, le cerveau humain ne peut traiter qu’un nombre limité d’informations à la seconde . Des tâches simples nous demandent déjà beaucoup de ressources. Une simple conversation occupe déjà plus d’un tiers de nos capacités. Lorsqu’un individu est dans le flow, toute son attention est entièrement dédié à sa tâche donc même s’il n’en a pas conscience, il n’a tout simplement plus les ressources mentales pour gérer d’autres informations comme le temps qui passe, les distractions autour de lui ou même les besoins corporels.

Toute activité peut dans l’absolue amener à un état de flow, à condition que l’individu y soit engagé activement.
Écrire, chanter, peindre, faire du cheval… Par contre, il est très difficile à atteindre dans des activités passives comme regarder la télévision.
L’acteur se doit de fournir un effort pour entrer dans l’activité. Voilà pourquoi les travaux sur le flow sont très utilisés dans l’industrie du jeu vidéo. Car l’objectif y est d’entretenir l’intérêt et la motivation du joueur tout au long de la partie, le faire entrer dans le flow.

En 1997, Csíkszentmihályi a publié un graphique qui nous montre les relations qui existent entre le challenge perçu, notre niveau de compétence et les conséquences sur notre état émotionnel.

1997, Csíkszentmihályi graphique emotionnel

[testimonial style= »1″ title= »Explication du graphique »]
Un sentiment d’apathie se met en place lorsque le challenge est perçu comme faible et que nos compétences le sont aussi, ce qui fait qu’on perd petit à petit tout intérêt pour la tâche.

L’ennui apparaît lui lorsque la tâche est simple et que notre niveau de compétence est lui trop élevé. Là encore, il est impossible d’atteindre le flow.

Enfin l’anxiété est ressentie lorsque le niveau de difficulté perçu dépasse largement notre niveau de compétence, cela provoque chez nous une détresse et de l’inquiétude.

C’est lorsque la tâche est perçue comme un défi et que notre compétence est au niveau que nous pouvons vraiment ressentir ce sentiment de plénitude, d’hyper-concentration et de bien-être.[/testimonial]

Vous l’avez maintenant je pense tous compris, atteindre une haute efficacité dans notre travail s’accompagne d’une recherche quotidienne active de cet état mental qu’est le flow. Dans son livre Vivre : La psychologie du bonheur, Mihály Csíkszentmihályi explique même que pour atteindre le bonheur, vaste projet vous en conviendrez, il est important de multiplier au maximum les expériences optimales de manière à recréer et préserver notre équilibre mental.

Ce qu’il y a de magique avec le flow, c’est qu’il est une récompense en lui-même, l’acteur ressent un bien être profond, le stress s’évapore, plus rien n’a d’importance. L’individu Autotélique, celui qui expérimente régulièrement le flow, se moque du coup des récompenses externes. Le confort, l’argent, la reconnaissance, le pouvoir, tout devient secondaire.

J’en vois déjà certains d’entre vous se dire :

« C’est fort intéressant ce concept de flow mais moi je ne suis ni chercheur, ni artiste, le travail que j’ai à faire n’est pas stimulant intellectuellement… ça ne me concerne pas ».

Eh bien, vous avez tort, car ce qui est important dans l’expérience optimale n’est pas l’activité en elle-même mais la manière dont on la perçoit et surtout le challenge que l’on place derrière.
Dans son livre La psychologie du bonheur, Mihály nous donne des exemples précis qu’il a étudié de personnes qui expérimentent le flow au quotidien et les activités décrites varient énormément, tous les domaines sont représentés. L’important est l’individu et non l’activité.

On peut citer l’exemple de ce boucher qui rentre dans un puissant état de flow à chaque fois qu’il doit décarcasser un veau car il a développé avec l’expérience tout une stratégie pour découper l’animal en un nombre minimal de mouvements, il a optimisé chaque geste. Cette activité qui peut paraître ennuyeuse pour beaucoup d’individus, représente pour lui un véritable challenge. C’est quelque chose que peuvent développer tous ceux qui effectuent une tâche récurrente. Nous pouvons aussi prendre l’exemple de cet ouvrier à la chaine qui a de la même manière optimisé son geste jusqu’à atteindre un point d’efficacité maximal, il est deux fois plus efficace que ses collègues et en tire un plaisir immédiat.
Ce sont évidemment des cas un peu extrêmes mais l’objectif était de vous montrer que le flow est atteignable en théorie dans toute activité humaine.

Donc, posez-vous toujours la question :

Qu’est-ce qui, dans ce que j’ai à faire, pourrait représenter un défi ?
En quoi cette activité pourrait-elle être une source de dépassement ?…

Le cerveau humain est une machine incroyable, il est capable de trouver des défis dans toute activité, il faut lui faire confiance.

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