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Dans cette série d’articles en 3 parties, nous allons voir quels sont les éléments et conditions qui font qu’on entre dans des cercles vicieux (des comportements objectivement contreproductifs), comment en sortir et en créer d’autres qui seront eux vertueux. Vaste programme !

Intelligence émotionnelle

Mais avant de parler des cercles vicieux, il me semble important d’aborder le concept d’intelligence émotionnelle.

L’intelligence émotionnelle désigne notre capacité à identifier et à gérer nos émotions et celles d’autrui. C’est un concept important car nous fonctionnons souvent davantage à l’émotion qu’à la logique. Je peux logiquement vouloir quelque chose mais si je suis incapable de gérer mes propres émotions, je ne pourrai peut être jamais l’atteindre.

Rappelez-vous de l’étude du marshmallow dont nous avons parlé dans l’article sur les pièges mentaux qui limitent notre efficacité.

Dans cette expérience, on place un enfant seul dans une pièce face à un marshmallow et on lui indique que, s’il le veut, il peut manger le marshmallow tout de suite. Mais, s’il attend que l’adulte revienne dans la pièce, l’enfant aura un deuxième marshmallow. Le résultat de l’expérience, c’est qu’une partie des enfants du test mangent le marshmallow au bout de quelques minutes seulement parce qu’ils ne parviennent pas à attendre plus longtemps. Tandis qu’une autre partie des enfants testés trouve des stratégies pour tenir jusqu’au retour de l’adulte et obtenir le second marshmallow. Par exemple, ils vont à l’autre bout de la pièce où ils ne peuvent pas voir le marshmallow et être tentés. Ce qui est particulièrement intéressant, dans cette étude, c’est que les enfants étaient ensuite suivis sur le reste de leur scolarité. Le résultat? Leur capacité à attendre le retour de l’adulte pour manger le marshmallow prédisait le succès scolaire de l’enfant mieux que les tests de QI.

Lorsqu’on y réfléchit, ce n’est pas bien surprenant. Comme dans l’expérience du marshmallow, le système scolaire nous demande d’être capables de repousser nos distractions et nos tentations à plus tard, le temps d’avancer dans notre travail. Il s’agit de gérer notre envie de succomber au plaisir immédiat pour obtenir une récompense plus importante par la suite.

Différer la gratification

Cette capacité à repousser consciemment le moment où l’on obtient ce que l’on désire, afin d’obtenir quelque chose de mieux, on appelle cela « différer la gratification ».
La capacité à différer la gratification est une forme d’intelligence émotionnelle. Elle souligne une aptitude à gérer une pression en nous et à repousser l’expression de notre envie à plus tard, tout cela au profit d’un intérêt à long terme plus intéressant.

La question que je vous pose évidemment, est : n’y a-t-il pas des situations, dans votre vie, où vous êtes comme ces enfants dans l’expérience précédente?

A quel point savez-vous gérer vos impulsions pour défendre vos intérêts à long terme, au lieu de céder à vos envies à court terme?

Une autre histoire illustre bien ce propos.

Lorsqu’un chasseur veut attraper un singe, il existe une technique très simple. Il suffit de prendre une cage avec des barreaux relativement serrés et de placer une banane à l’intérieur. Lorsqu’un singe voit cela, il s’approche de la cage puis glisse sa main à l’intérieur pour saisir la banane. Une fois qu’il saisit la banane, en revanche, comme les barreaux sont assez serrés, il ne peut pas retirer sa main de la cage : son poing est trop gros pour passer à travers les barreaux. Le singe n’a alors que deux options : soit abandonner la banane en la relâchant pour s’échapper, soit continuer à tirer sur son bras sans succès. Le problème pour le singe est qu’il choisit la seconde option! Il tire sans cesse sur son bras en *espérant* que cela va finir par passer. Il insiste tant et si bien que, lorsque le chasseur s’approche, il n’abandonne toujours pas l’affaire et se fait capturer.

Il y a plusieurs variantes de cette technique, avec différents pièges et différents fruits, mais le résultat reste le même. Le singe est obsédé par le fruit, il se sent à deux doigts de l’obtenir et n’envisage pas d’autres options. Il n’arrive littéralement pas à lâcher prise! Et il se fait capturer.

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Alors la question est, une fois de plus, est-ce que nous ne faisons pas, parfois, la même chose?

Est-ce que ça ne nous arrive pas de perdre de vue notre but réel, simplement parce que nous sommes piégés dans une pensée à court terme?

Comme le singe, nous sommes susceptibles de nous laisser aveugler par des logiques à court-terme, assouvir une pulsion en ignorant le coût à long terme.

C’est ce qui nous amène à parler des cercles vicieux.

 

CERCLE VICIEUX

Un cercle vicieux, qu’est-ce que c’est?

Un cercle vicieux, c’est un ensemble de causes et d’effets qui se nourrissent mutuellement et qui dégradent progressivement une situation.

Un très bon exemple de cercle vicieux est le surendettement. Des personnes se retrouvent dans des situations où ils se voient obligé d’emprunter pour rembourser des dettes antérieures. Les intérêts s’accumulent et donc les dettes ne font que croitre. C’est une spirale infernale.

Prenons un autre exemple, lié à la forme physique cette fois-ci. Si l’on se sent fatigué, on peut prendre cela comme prétexte pour ne pas aller faire de sport. Mais comme avoir une activité physique développe l’énergie… Cette personne aura d’autant plus de mal à sortir de son état de fatigue. C’est sans fin et la personne n’augmentera jamais son niveau d’énergie.

Les cercles vicieux ressemblent à un effet boule de neige si vous voulez. Cette image d’une petite boule de neige qui roule, roule, roule… et accumule davantage et davantage de neige. Jusqu’à devenir gigantesque.

Alors, ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce n’est pas juste de constater qu’il existe des logiques perverses comme celles-ci mais plutôt de mettre en évidence qu’on a toujours le CHOIX et qu’il est possible d’agir autrement.

En somme, nous allons nous concentrer sur le fait que le singe a L’OPTION d’abandonner cette banane pour échapper au chasseur, pourvu qu’il ne se laisse plus aveugler par une pensée à court-terme.

Le cercle vertueux, quand à lui, c’est simplement l’inverse d’un cercle vicieux. Des résultats positifs renforcent notre situation, au lieu de l’affaiblir.

Retenez bien que, dans tous les cercles, vicieux ou vertueux : les effets de nos actions du moment nourrissent nos actions futures.

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